Inventaire forestier national 2025 : Principaux chiffres des surfaces boisées françaises
Les résultats 2025 de l'Inventaire forestier national (IFN) de l'IGN indiquent une forêt française couvrant 17,6 millions d'hectares, soit près d'un tiers du territoire métropolitain, en hausse de 900 000 hectares en dix ans grâce à une progression annuelle de 90 000 hectares. Cette extension, confirmée par les données des campagnes 2020-2024, résulte principalement de la déprise agricole et des opérations de régénération naturelle ou artificielle, bien que des disparités régionales persistent, avec une croissance notable en Bretagne et en zone méditerranéenne. Cependant, cette augmentation masque une dégradation sanitaire alarmante, la mortalité des arbres ayant augmenté de 125% pour atteindre 16,7 millions de m³ par an entre 2015 et 2023, contre 7,4 millions de m³ par an sur 2005-2013, les arbres morts représentant désormais 5% du volume total de bois sur pied.
Diagnostic sanitaire
Le stock de bois sur pied s'élève à 2,9 milliards de m³, en hausse de 61% depuis 1985 et de près de 50% en quarante ans, dominé par les feuillus à hauteur de 65%, avec un total de 11,4 milliards d'arbres de plus de 7,5 cm de diamètre. La production biologique, correspondant à la croissance annuelle des arbres, ralentit de 4% à 87,8 millions de m³ par an sur 2015-2023 contre 91,5 millions de m³ par an auparavant, équivalant à 5,3 m³/ha/an au lieu de 5,8 m³/ha/an. L'indicateur DEPERIS, intégré depuis 2021 et basé sur l'évaluation de l'altération du houppier, révèle 193 millions d'arbres altérés sur 2,3 milliards évalués entre 2021 et 2024, soit 8% du total, avec des pics chez le frêne (26% affecté par la chalarose), le châtaignier (21% par des maladies), l'épicéa commun (10% par les scolytes) et le chêne pédonculé (10%).
Les essences les plus touchées par la mortalité incluent l'épicéa commun (2,4 millions de m³/an), le châtaignier (1,7 million de m³/an) et le frêne (1,6 million de m³/an), dues à des bioagresseurs comme les scolytes, la chalarose et divers champignons. Les disparités régionales sont prononcées, le Nord-Est étant particulièrement impacté, avec des massifs comme le Grand Est, les Ardennes, la Lorraine et le Jura où la mortalité et les prélèvements sanitaires dépassent souvent la production biologique, entraînant une baisse locale des stocks accumulés sur des décennies. Cette situation s'explique par les sécheresses répétées, les canicules, les incendies et la prolifération de bioagresseurs endémiques ou exotiques, rendant les arbres moins résistants dans un contexte de réchauffement climatique.
Séquestration et stock carbone
La séquestration de CO₂ chute à 39 millions de tonnes par an sur 2015-2023 contre 63 millions de tonnes auparavant, soit une baisse de 38%, bien que le stock de carbone dans les arbres vivants atteigne 1,35 milliard de tonnes (82 tC/ha, en hausse de 21% depuis 2009 et de 575 millions de tonnes depuis 1981). En intégrant les arbres morts, la litière et les sols, le stock total de carbone de l'écosystème forestier s'élève à 2,8 milliards de tonnes. Ce ralentissement du puits de carbone, malgré la maturation des peuplements et l'extension des surfaces, reflète l'impact cumulé des crises sanitaires et climatiques, avec des variations locales où mortalité et coupes excèdent la croissance dans plusieurs massifs.
Forêts plantées
Les forêts plantées, issues de plantations ou semis artificiels, couvrent 2,3 millions d'hectares, soit 14% de la superficie forestière de production, une proportion stable depuis 2012, et se concentrent en Nouvelle-Aquitaine et dans le Massif central. Elles affichent une productivité deux fois supérieure à la moyenne nationale (10,3 m³/ha/an contre 4,5 m³/ha/an), représentent 27% de la production biologique totale et fournissent 37% du bois récolté, tout en contribuant à la protection des dunes littorales et sols de montagne. Parmi celles plantées après 2000, 56% sont en pin maritime et 15% en douglas, souvent issues de reconstitutions post-tempêtes de 1999 et 2009.
Méthodologie et données de référence
L'IFN, basé sur une méthode "en continu" depuis 2005, repose sur 60 000 placettes inventoriées (dont 12 000 annuellement), avec près de 350 000 analyses sur cinq ans pour des résultats annuels rigoureux, labellisés CNIS (Conseil National de l’Information Statistique) depuis 2017.
Chiffres clés IFN 2025 : Surface forestière 17,6 millions d'hectares (32% du territoire) ; Stock de bois 2,9 milliards de m³ (+61% depuis 1985) ; Arbres >7,5 cm : 11,4 milliards ; Production biologique 87,8 Mm³/an (2015-2023) ; Mortalité 16,7 Mm³/an (+125% en 10 ans) ; Séquestration CO₂ 39 Mt/an (-38%) ; Stock carbone arbres vivants 1,35 GtC (82 tC/ha) ; Stock écosystème total 2,8 GtC.
Indicateurs sanitaires : Arbres altérés (DEPERIS) 193 millions (8%, 2021-2024) ; Frênes 26% ; Châtaigniers 21% ; Épicéas 10% ; Chênes pédonculés 10%. Ces données, issues du mémento 2025 et des outils interactifs de l'IFN (tableaux par département, sylvoécorégions, visualisation thématique sur anomalies de croissance, biodiversité, santé, flux de bois), permettent un suivi fin des évolutions rapides face aux aléas climatiques et sanitaires.
Sources et références
IGN (2025) - Mémento de l'Inventaire forestier national, édition 2025. https://inventaire-forestier.ign.fr/
IGN (octobre 2025) - Communiqué : "Découvrez les résultats 2025". https://www.ign.fr/institut/espace-presse/decouvrez-les-resultats-2025-de-linventaire-forestier-national
IGN (octobre 2025) - "Derniers résultats IFN". https://www.ign.fr/mag/derniers-resultats-de-linventaire-forestier-national-surface-en-extension-sante-des-arbres-qui-se-degrade-et-autres-faits-marquants
CNPF (octobre 2025) - Mémento 2025. https://www.cnpf.fr/actualites/memento-2025-de-l-inventaire-forestier-de-l-ign
Observatoire des forêts. https://observatoire.foret.gouv.fr/
Comment trouver une forêt à acheter près de chez moi ?
Le moyen le plus efficace est de consulter une plateforme spécialisée comme PropriétésForestières.com (ProprietesForestieres.com), qui référence des biens forestiers sur l’ensemble du territoire français. Vous pouvez y filtrer les annonces par région, département, essence forestière, surface, type de forêt et budget. En complément, les bourses foncières animées par les CRPF et les SAFER publient régulièrement des opportunités locales.
Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en France en 2025 ?
Le prix moyen national s’établit à 4 850 €/ha selon la SAFER (données 2024), mais les écarts sont très importants. Les forêts du nord et de l’ouest se négocient entre 7 000 et 8 000 €/ha (allant jusqu’à 20 000 €/ha), tandis que celles du Massif central tournent autour de 2 860 €/ha. Pour les grandes propriétés de plus de 25 ha, le prix moyen atteint un record historique de près de 6 000 €/ha. La valorisation dépend du stock de bois sur pied, des essences, de l’accessibilité et de la pression foncière locale.
Quels sont les avantages fiscaux de l’investissement forestier ?
L’investissement forestier offre un triple avantage fiscal : réduction d’impôt sur le revenu (18 % via le dispositif IR-PME pour les GFI), exonération partielle ou totale de l’IFI (jusqu’à 75 dans la majorité des cas à 100 %), et abattement de 75 % sur les droits de donation et succession. En achat direct, le dispositif DEFI Forêt ouvre un crédit d’impôt pour les travaux forestiers. Ces avantages sont conditionnés à un engagement de gestion durable et à la conservation des parts ou du bien sur une durée de 8 à 30 ans selon le dispositif.
Comment vendre sa forêt au meilleur prix ?
Trois étapes sont essentielles. D’abord, faites réaliser un inventaire forestier complet pour connaître précisément la valeur de votre stock de bois sur pied. Ensuite, diffusez votre annonce sur des plateformes spécialisées comme PropriétésForestières.com pour toucher des acquéreurs qualifiés. Enfin, faites-vous accompagner par un expert forestier agréé qui estimera le bien et sécurisera la transaction. Pour les grandes propriétés, le recours à la vente par appel d’offres, en augmentation ces dernières années, peut maximiser le prix obtenu.
Le morcellement forestier empêche-t-il de gérer durablement sa forêt ?
Pas nécessairement, à condition de s’engager dans une démarche collective. Même avec une petite parcelle, vous pouvez adhérer à une coopérative forestière, rejoindre un GIEEF ou constituer un groupement forestier familial. Le droit de préférence vous permet aussi de racheter des parcelles contiguës lorsqu’elles sont mises en vente. Les bourses foncières locales, accessibles via les CRPF, facilitent ces rapprochements. La gestion durable est possible à toute échelle, mais elle gagne en efficience avec la taille.